Allemagne : Alstom, Siemens et Bombardier veulent la libéralisation de la maintenance des trains

Depuis les débuts de l’histoire du chemin de fer, la maintenance des voies ferrées et des trains est traditionnellement exécutée par les sociétés exploitantes, le plus souvent publiques comme la SNCF. Depuis quelques années cependant, le mouvement de libéralisation du transport en commun en Europe offre de plus en plus de place aux constructeurs dans la maintenance de leurs propres rames.

De l’industrie vers les services

Rame allemande de la Deutsche Bahn, leader public du rail en allemagneLes constructeurs de rames ont connu des périodes fastes pendant les 30 glorieuses en se concentrant sur la fabrication de matériel. Désormais, avec un parc pleinement développé en Europe, remplir son carnet de commande devient de plus en plus périlleux.

Miser sur le marché de la maintenance est donc une habile façon d’aller chercher une croissance sans quitter son activité première, avec une cohérence évidente : c’est déjà ce qui se pratique largement dans l’énergie ainsi que dans de nombreux domaines de pointes, où le fabricant est quasi-systématiquement le prestataire de maintenance sur ses propres appareils.

Un accueil mitigé en Allemagne

Si la maintenance est largement privatisée au Royaume-Uni ou en Russie, l’Allemagne reste un marché à prendre pour les Alstom, Bombardier et autres Siemens.  Si les acteurs privés (le rail allemand est ouvert à la concurrence) sont d’office preneurs, manquant souvent d’infrastructure, d’expérience et de personnel pour assurer eux-même cette maintenance, la Deutsche Bahn, société publique détenant une majorité écrasante du marché du transport ferroviaire en Allemagne, est plutôt hostile à la transition.

L’an dernier, le français Alstom a remporté un contrat pour livrer 20 trains régionaux Coradia à la régie de transport de la ville de Brunswick (nord), ZGB, et en assurer la maintenance pendant 20 ans. Une petite révolution dans le monde ferroviaire allemand.

La maintenance des trains est donc un secteur porteur, représentant de nombreux emplois à pourvoir, mais aussi à défendre, qui se répartissent tant chez le fabriquant que chez l’utilisateur, parfois même encore ailleurs. Selon les 3 leaders de l’assemblage de rames, la maintenance des trains représente déjà plus de 25 milliards d’euros de chiffre d’affaire réalisé sur la vingtaine de pays où cette maintenance est privatisée.

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